Bonjour à tous !

J’inaugure aujourd’hui une petite série informative sur la vie d’un auteur, car j’ai pu constater que c’est un métier qui demeure très flou pour énormément de monde, et j’espère répondre à vos interrogations !

Pour commencer, nous allons aborder un sujet quelque peu tabou en France : la rémunération.

Si vous voulez être auteur afin de devenir riche et célèbre, je vous l’annonce tout de suite : vous vous plantez !

C’est le jour J, vous venez de signer votre premier contrat avec une maison d’édition, la machine se met donc en route. Premièrement, il se peut que vous touchiez un à-valoir, c’est-à-dire une avance sur les futurs droits d’auteur. Ceci n’est pas systématique, et va dépendre aussi du nombre d’exemplaires de votre livre qui seront imprimés.

Puis vient la sortie officielle : votre livre est dans les librairies ainsi que sur les boutiques en ligne. En toute logique, chaque vente de livres devrait vous rapporter, selon le pourcentage de droits d’auteur que vous avez négocié dans votre contrat.

Attention, je dis « négocier », mais pour les petits auteurs, qui constituent 99,9 % des écrivains, il n’y a pas vraiment de choix. En général, un auteur gagne entre 6 % et 10 % sur la vente d’un livre, il est très rare que cela soit plus. Bien sûr, il y a des exceptions, mais ce sont des auteurs avec une renommée déjà très forte, ce qui est gage pour un éditeur de faire de très grosses ventes. Parfois ce ne sont même pas des auteurs… je pense par exemple à Valérie Trierweiler dont le livre « merci pour ce moment » a été l’ouvrage le plus vendu en 2014. Triste… mais revenons-en à nos moutons !

Vous allez me demander, mais où sont les 90 % restants ? Voici la réponse :

C’est assez effarant de voir que l’auteur est celui qui touche le moins, alors que sans lui, tous les autres n’auraient pas de raison d’être.

Je vais me baser sur ma propre expérience pour vous donner un exemple parlant. Je suis l’auteur des « confessions infirmes », édité à 500 exemplaires (pour le moment en tout cas). Je touche 10 % de droits d’auteur, ce qui est très correct pour un premier livre. Je n’ai pas d’à-valoir. Le prix de vente de mon livre est fixé à 15 €. Sur la seule base de mes droits d’auteur, si tout le stock est vendu, je gagnerais 750 €.

Et oui, pas de quoi s’acheter une Maserati !

Pour aller plus loin, j’ai moi-même un stock de 50 exemplaires sur les 500, que je peux vendre moi-même. Si je le fais, la part qui est normalement allouée aux diffuseurs et distributeurs me revient. Sur un livre, aux 10 % de droits d’auteur s’ajouteront donc les 20 % de diffusion/distribution. C’est clairement un plus, mais cela rajoute du travail de promotion.

Il faut savoir aussi qu’un auteur ne touche sa rémunération qu’à la fin de l’année. Si le livre sort en mars 2018, il sera payé seulement en janvier 2019, d’un coup, sur toutes les ventes effectuées entre la parution et le 31 décembre de l’année de la parution. De même, les droits d’auteur sur les ventes de l’année 2019 seront versés seulement en janvier 2020, etc.

Vous imaginez bien que l’écriture d’un livre prend énormément de temps, alors si vous voulez rationaliser tout ça, vous constaterez très vite que le taux horaire d’un écrivain est particulièrement dérisoire. C’est un métier de passionnés, mais c’est un métier qui condamne à 99 % à la pauvreté. Une étude officielle du ministère de la culture datant de 2016 avance que 41 % des auteurs professionnels gagneraient moins que le SMIC et que 67 % exerceraient un autre métier pour survivre.

On entend souvent parler des success stories, on pense à JK Rowling qui est milliardaire aujourd’hui, mais il faut bien garder à l’esprit que ces histoires là, elles ne représentent qu’une infime goutte d’eau dans un océan immense. D’autant plus que si l’on décortique un petit peu la fortune des auteurs les plus riches, on se rend vite compte que la part des produits dérivés a une importance capitale. Et là, nous entrons dans un tout autre domaine…

J’espère que vous y voyez plus clair avec toutes ces explications, et j’espère que cela vous a plu ! Je n’ai pas la prétention de tout savoir, mais par ma propre expérience et ce que je connais du monde de l’édition, j’essaie de répondre aussi bien que possible aux interrogations que vous pouvez vous poser.

Vous comprendrez aussi pourquoi je me suis tourné vers une toute autre façon de me produire pour Sil’Dra, mon roman fantastique…

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