Cela fait presque un mois que le confinement dure, et c’est loin d’être fini. Chacun essaye de s’adapter du mieux qu’il peut, même si nous devons tous faire un minimum de concessions à certains niveaux.

Je suis comme tout le monde, j’ai des projets qui ont été mis en suspens. En revanche, mon quotidien n’est pas vraiment bouleversé : en tant qu’auteur indépendant, j’ai toujours travaillé depuis mon bureau, et en tant que personne handicapée, j’ai toujours mon auxiliaire de vie qui vient quotidiennement pour m’aider. Évidemment, ne pas pouvoir sortir pour se divertir en extérieur ou voir ses proches est pesant, mais vous savez ce qu’on dit : on s’habitue à tout. Et surtout, on s’adapte !

Concernant la vie sociale, j’ai pu tester les parties de jeux de société par webcam interposées, et c’est vachement cool, parce qu’au final, sans le confinement, ça ne me serait pas venu à l’idée de proposer une partie de cartes entre une amie parisienne et moi-même, toulousain. Il en va de même pour Netflix grâce au mode Party.

Mais les projets qui devaient avoir lieu en ville… comment les maintenir ? J’ai pour objectif en 2020 de lancer des ateliers d’écriture, et le premier avait même eu lieu début mars, dans un café associatif très sympa, l’Eurêkafé, qui m’a ouvert ses portes le temps d’une session de deux heures.

Cette première expérience fut positive. Les retours étaient bons, les participants prêts à revenir. Quelle ne fut pas ma consternation de voir que tous les ateliers prévus en avril allaient être repoussés à une date indéterminée…

C’est en discutant avec une participante du premier atelier, il y a deux semaines, que l’idée est venue : et pourquoi pas organiser des ateliers en visioconférence ?

Le projet est séduisant. La perspective de garder la main aussi, et pourquoi pas de maintenir un petit groupe, voir même d’en former. Je lance alors l’annonce sur ma page, et j’ai rapidement des réponses positives. Amis proches, anciennes camarades de fac, partenaires de World of Warcraft, il y a de tout ! Avec les personnes qui se sont décidées un peu sur le tard, j’en arrive à 13 participants. Beaucoup trop pour un seul atelier, parfait pour deux !

Vient ensuite l’organisation, je propose quatre créneaux horaires répartis sur le week-end, et rapidement j’arrive à former deux groupes équilibrés, le premier le samedi à 14h30, le deuxième à 17h, chacun d’une durée de deux heures. Il n’y a plus qu’à préparer le contenu de l’atelier.

Mon objectif était de partager mes outils d’écriture, ma méthodologie, tout en poussant chacun à ne pas forcément s’y conformer pour plutôt les personnaliser. Pendant la séance, j’ai invité les apprentis à rédiger un plan puis à le lire à tout le monde. Bien qu’étant l’initiateur et le présentateur, j’attendais beaucoup des participants, dans la mesure où sans aucune interaction entre eux, rien ne marcherait. Heureusement, les échanges se firent très naturellement, dans une bienveillance qui brisait la timidité, avec des critiques productives, essentiellement positives. C’était l’une des clés essentielles pour le bon déroulement d’un atelier !

J’ai ensuite proposé aux deux groupes de se retrouver le week-end prochain, tout en gardant les mêmes membres pour prolonger les échanges entre les eux. L’objectif entre-temps est de se servir des outils rédigés pendant l’atelier pour écrire un petit texte. D’ailleurs, j’ai été bluffé par la diversité des thématiques que chacun tenait à aborder : l’une voulait parler de la condition des migrants qui ne peuvent pas appliquer le confinement, l’autre voulait prendre le point de vue d’un grand-père en EHPAD, l’autre voulait raconter que l’épidémie était en réalité un complot mené par les espèces en voie de disparition sous le leadership des pangolins… il y a eu de tout, et j’ai vraiment hâte d’être au prochain week-end pour découvrir les réalisations de tous !

Pour l’instant je laisse reposer ça, mais c’est une expérience très agréable et très gratifiante. Je suis très heureux d’avoir pu satisfaire tout le monde, alors que les profils étaient vraiment très différents. J’ai bien entendu l’intention de reproduire l’expérience, et pourquoi pas de l’étendre à d’autres groupes s’il y a des demandes. Du moins le temps de confinement. Après je suppose que chacun reprendra sa vie d’avant, moi y compris. Toujours est-il que cela me fait un entraînement formidable pour les ateliers que je compte mener au café dès la fin de cette triste période.

Mais en attendant, je crois que l’une des choses essentielles pour passer ce moment, c’est de s’accrocher à tout ce qu’il y a de positif malgré tout, et créer, avec ses propres outils, quelque chose de productif, que ce soit pour soi-même ou pour les autres. Transformer l’énergie négative en énergie positive, c’est tout un art, mais ça aboutit à des œuvres formidables !

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