L1-chapitre-6

Une main d’écorce à la force titanesque serrait ses doigts autour de son cou. Elle n’eut même pas le temps de songer à se débattre, puisqu’elle sombra quasi instantanément dans l’inconscient : une décharge d’énergie venait de déferler dans sa carotide, puissante et étourdissante à la fois, comme si le bras du formidable être végétal qui la tenait avait propulsé une onde de force via son propre organisme.

Telles étaient les dernières choses dont Diane pouvait se souvenir.

Quand elle se réveilla, après un laps de temps qu’elle ne connaissait pas, son corps lui hurla sa douleur. Elle sentait qu’elle avait plusieurs côtes cassées, et probablement une jambe fracturée, sans oublier les nombreuses coupures qui scarifiaient son visage et la foultitude d’hématomes qui avaient conquis son être malgré sa combinaison. Comment s’était elle fait toutes ses blessures ? Elle n’en avait pas la moindre idée.

Elle avait beau souffrir le martyr, Diane ne perdit pas pour autant ses réflexes de survie. Où suis-je ? Elle devait répondre à cela le plus rapidement possible. Son cerveau se montra sarcastique quand il lui répondit « au cœur d’une forêt aux dimensions dignes des légendes, sur une planète à peine explorée ». Elle ne put s’empêcher de rire nerveusement, gagnée malgré ses efforts par l’inquiétude et une peur naissante. Elle tenta donc de lever la tête, les yeux clos par un affreux lancinement, et constata avec effroi que ce n’était pas possible : elle était figée, figée dans quelque chose qu’elle n’arrivait pas à identifier, qu’elle n’arrivait même pas à voir.

Elle se concentra alors sur ses sensations. Puisqu’elle ne pouvait pas se servir de ses yeux, elle devait se servir du reste, en l’occurrence de son épiderme. Et sa peau lui parla : son corps semblait pris non pas dans quelque chose de totalement solide comme elle l’avait cru quelques instants avant, mais plutôt dans une espèce d’huile ou de gélatine gluante extrêmement épaisse, à tel point qu’elle ne pouvait pas du tout se mouvoir. Elle essaya, évidemment, de forcer des mouvements. Le résultat fut une succession d’éclairs de douleur intense, ce qui lui fit abandonner très vite ses tentatives infructueuses.

Diane fit le vide dans son esprit pour retrouver son calme. Son cœur battait à tout rompre, soulevant ses côtes fêlées au prix d’une souffrance étouffante. Elle ferma les yeux, se força à diminuer son rythme cardiaque. Quelques minutes suffirent. Enfin, elle leva le voile de la douleur qui obscurcissait ses yeux et découvrit avec béatitude l’endroit où elle était prisonnière.

Tout autour d’elle était d’une prodigieuse beauté. Elle se situait dans une sorte de salle faite de racines, de lianes et de murs d’écorce. Le sol lui aussi était tapissé de peau sylvestre. De somptueuses fleurs à l’exotisme merveilleusement coloré ornaient chaque paroi que Diane découvrait. Celles-ci étaient toutes différentes les unes des autres, tantôt d’or, tantôt de teintes nocturnes, tantôt d’un rouge passionné… Malgré sa position contrainte, la prisonnière souriait devant ce spectacle merveilleusement hypnotique. Elle leva les yeux vers le plafond et n’en vit pas. En lieu et place de celui-ci figurait un dôme qui semblait pointer très haut, tellement haut qu’elle ne voyait pas jusqu’où. Une légère brume flottait au-dessus d’elle, argentée comme l’éclat des étoiles, tourbillonnant tout doucement. Enfin, elle comprit pourquoi elle parvenait à voir ce décor splendide : certaines des lianes qui parcouraient les murs projetaient une douce lumière qui pulsait, à l’image d’un cœur, une lumière qui oscillait lentement du blanc nacré à l’azur verdoyant. Plus elle dévorait du regard ce qui s’offrait à ses iris brillants, plus sa respiration était contrôlée, ralentie par rapport aux instants précédents ou la peur panique s’attaquait au bastion de son sang-froid. Elle remarqua alors que les pulsations lumineuses étaient en adéquation avec son propre souffle : chaque oscillation phosphorescente était parfaitement synchronisée avec son rythme cardiaque, comme si ses ventricules étaient directement connectés à l’endroit où elle se trouvait.

Diane finit, après de longs instants extatiques, par baisser la tête pour enfin découvrir ce qui la retenait immobile. Elle était littéralement encastrée dans un mur totalement différent des autres : il était constitué d’une matière qu’elle ne parvenait pas à définir, quelque chose aux couleurs de l’ambre mais qui avait la solidité du marbre. Elle pouvait voir son corps à travers, bien que déformé par la matière. Elle constata qu’elle était nue, et plus que ce constat, ce fut la vision de ses blessures qui releva en son cœur les bannières de la peur. Des contusions, des écorchures, des hématomes, tout cela constellait son épiderme. Elle n’arrivait pas à observer sa poitrine avec précision car elle ne pouvait adopter un bon angle de vision du fait de la position qu’elle avait dans son étrange prison, mais cette position ne l’empêchait pas de voir ses jambes. De son mollet droit ressortait un éclat d’os. Sur sa cuisse gauche s’ouvrait une fissure charnelle effrayante.

Un haut le cœur souleva sa poitrine, ce qui la fit grincer des dents. Voilà pourquoi elle souffrait. Ces blessures étaient très sérieuses. Il fallait absolument s’échapper d’ici.

Mais quelle idée stupide ! Comment comptait-elle s’y prendre dans un état pareil ?

Diane lâcha un soupir d’impuissance. Effectivement, elle n’avait rien à espérer, du moins pour le moment. Elle détestait par-dessus tout être à la merci de quoi que ce soit. En l’occurrence, le fait de ne pas savoir qui ou quoi l’avait placée ici la rassurait encore moins. Était-ce le spectaculaire être de racines, de fleurs et de bois qui l’avait conduit en cet endroit ? Si oui, pour quelles raisons ? Si non… Elle préférait ne même pas y penser.

La captive reposa les yeux sur ses jambes. C’était étrange… Une plaie comme celle qu’elle avait à la cuisse aurait dû saigner abondamment, voire déjà lui avoir été fatale. Mais là, elle était vivante, et sa blessure ne laissait échapper aucune perle pourpre. Incompréhensible. Est-ce qu’elle rêvait ? Ou bien était-elle déjà morte, et elle avait rejoint une autre dimension ?

Soudain, son esprit s’éclaira. Non pas de compréhension, mais d’une suggestion qui lui parut à elle-même fantasmée : et si la matière étrange dans laquelle elle était captive la maintenait en vie, voire même la régénérait ?

Une voix résonna subitement dans sa tête : « Vous êtes perspicace ».

Le visage de Diane se décomposa. Une voix dans sa tête. C’était bien là un signe que la folie avait planté son drapeau dans son esprit… Et pourtant, ce ton, lointain et proche à la fois, au timbre androgyne, dépourvu de sentiments, ce ton paraissait bien réel.

Ses globes oculaires se mirent à chercher désespérément la source de ce chuchotement. En vain, bien sûr. Et la voix revint : « Ne vous fatiguez pas ». Diane, encore une fois, ne put s’empêcher de rire nerveusement. Elle était marrante, celle-là ! Ne pas se fatiguer, pourquoi ? Parce que son destin était déjà scellé ?

La douce splendeur de la salle boisée et fleurie dans laquelle elle se trouvait captive perdit rapidement ses aspects rassurants. La beauté était souvent connotée positivement, la nature également, mais dans ces circonstances, tandis qu’une voix venue d’ailleurs s’adressait à elle, la seule chose qu’elle voyait en cet endroit était qu’il était une geôle contrôlée par une entité dont elle ignorait absolument tout. Pourquoi était-elle retenue ici ? Qui lui parlait ? Ou plutôt, quoi ?

En face d’elle, le mur de racines, de lianes et de plantes bougea. Les éléments qui le composait glissaient, rapetissaient, s’écartaient et disparaissaient. Une petite arche se forma par ces mouvements, comme une porte surnaturelle qui s’ouvrait sur un monde inconnu. Une brume identique à celle qui flottait au-dessus de sa tête s’échappait des contours du passage et se rapprochait lentement de la paroi d’ambre, se séparant en filaments qui rampaient comme des serpentins nuageux. Sous cette nappe vaporeuse, Diane distingua quelque chose d’étrange sur le sol de bois : une sorte de renflement apparaissait, venant de l’encadrement créé quelques secondes auparavant, comme si une créature souterraine (ou en l’occurrence « sous-boisienne ») creusait une galerie.

Le bombement s’arrêta finalement à deux mètres des pieds de Diane. Celle-ci retint sa respiration, s’attendant à quelque chose. À quoi, elle n’en savait rien, mais elle s’y préparait au moins mentalement, à défaut de pouvoir agir physiquement. Son cerveau était son dernier rempart, et elle ne devait pas y laisser la moindre brèche. Pendant un instant, rien n’arriva. Le temps se figea. Sa respiration était toujours en suspension. Elle n’osait pas relâcher sa rétention. Elle patientait, s’apprêtant à tout et à rien à la fois.

Subitement, un nœud de racines émergea du bout du renflement en éparpillant des copeaux de bois et d’écorce tout autour. Les racines grossissaient à vue d’œil, puis firent plus que cela : elles se développèrent en une plante à part entière, d’un vert très sombre malgré les projections lumineuses blanches et bleues des lianes alentours, et partout sur cette plante apparurent des bourgeons de toutes formes, bourgeons qui donnèrent naissance à des fleurs aux pétales de toutes les couleurs. Toutes ces évolutions extraordinaires cessèrent leur marasme créateur pour enfin s’unir en une seule et même entité. Celle-ci adoptait peu à peu une silhouette humaine, à la peau d’écorce parsemée d’épines, et Diane se rappela.

L’être floral qui l’avait capturée.

Les traits de ce qui était a fortiori la tête se précisèrent, se faisant l’exact écho de celui qu’avait rencontré la pilote muée en aventurière inconsciente quelques heures plus tôt (ou étaient-ce quelques jours ?). Et les mêmes yeux s’ouvrirent. D’abord bleus, comme ceux de Diane, puis d’or. Des iris qui semblaient darder la prisonnière pour fouiller au plus profond de son âme. La créature forestière arborait toujours la même chevelure qui mourait et se régénérait dans de magnifiques éclats émeraude, et cette vision captura malgré la peur et tout le reste l’attention de Diane. Elle était subjuguée par ce spectacle. Le cycle de la vie et de la mort, immuable et infini, se jouait encore et encore et encore devant elle, arboré comme une coiffe par l’être végétal qui lui faisait face.

Une bouche se dessina sur le visage brun. Et la voix androgyne retentit dans le crâne de Diane.

— Ne résistez pas, c’est inutile, commença la créature dont les lèvres ne s’ouvrirent à aucun moment. Vous ne pouvez pas partir, mais vous n’êtes pas menacée.
— Je… balbutia Diane, tentant vaillamment mais vainement de contrôler sa peur et de paraître forte. Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? Qu’est-ce que je fais ici ?
— Vous cherchez des réponses, et nous les avons, répondit l’être d’un ton qui paraissait monocorde mais dans lequel Diane percevait une forme de sérénité. Peut-être que vous aussi, vous les avez.
— Vous êtes… Des extraterrestres ?

La jeune femme ne put s’empêcher de se sentir ridicule en demandant cette évidence. Un rire comme réponse n’aurait pas été illogique pour elle, et qu’elle ne fut pas sa surprise quand elle entendit la voix lui livrer son raisonnement.

— Quand nous fouillons dans vos connaissances, nous comprenons le sens de ce mot. Et si nous devions l’employer, ce serait pour vous qualifier : vous n’êtes pas de notre monde.
— Vous n’avez pas tort, concéda Diane qui ne put s’empêcher de sourire face à cette analyse imparable. Vous êtes donc d’ici ? Vous êtes les habitants de cette terre ?
— Nous, comme tout ce qui nous entoure. Vous semblez manquer de respect et d’estime pour ceux qui pourtant contribuent à votre existence, asséna la créature d’un timbre qui se voulait toujours monocorde mais qui était néanmoins implacable.
— Pardonnez-moi, s’excusa la pilote qui commençait à comprendre à travers ces quelques échanges à qui elle avait affaire. Du monde d’où je viens, ces notions-là n’ont plus de prise. C’est pourquoi je suis ici, tout comme les miens. Mais je suppose que vous nous observez depuis le début.
— Nous ne vous observons pas, mais nous vous ressentons. Vous vous posez sur la terre, nous le savons. Vous marchez sur l’herbe, nous le savons. Nous sommes tout cela.

Diane, malgré sa position de captive totalement soumise à la volonté de la créature avec laquelle elle conversait, appréciait de plus en plus cette discussion. Étrangement, elle était même heureuse de l’avoir. En effet, elle s’était attendue à une certaine hostilité, mais au contraire il semblait que son geôlier était plutôt dans une perspective d’échanges de connaissances, même si sa remarque sur le respect était sèche, mais pas dénuée de vérité. Cette pensée se confirma dans l’instant.

— Il y a quelque chose que nous ne comprenons pas. Quelque chose qui n’existe pas et qui pourtant vous habite fermement. Nous ne comprenons pas « je ». À quoi correspond « je » ?
— Et bien… entama Diane en s’attendant à pouvoir répondre spontanément mais en étant finalement désarçonnée. « Je », c’est moi. C’est tout le monde. C’est tout ce qui a une conscience. Nous sommes tous des individus, et l’individu se désigne lui-même ainsi.
— Qu’est-ce que l’individu ?

— Cette question arrondit ses yeux. C’était tellement évident pour elle ! L’individu, c’était elle, c’était lui, c’était tout le monde, c’était l’ensemble des êtres humains, des êtres vivants !
— Mais quand elle expliqua cela, elle se rendit compte que le concept n’était pas inné pour son interlocuteur.
— L’individu, c’est le « je ». Nous n’avons jamais connu une telle idée. Nous n’avons jamais eu le besoin de créer l’individu. Avez-vous eu le besoin de créer l’individu ?
— Non, pas du tout, il a toujours existé, assura Diane d’une voix pourtant hésitante. Depuis la nuit des temps, l’humain est une… Unité. On ne peut diviser un être humain.
— Il en est de même pour nous. Nous sommes indivisibles. Nous vivons pour nous, en fonction de nous, avec nous, et jamais au détriment de nous.
— Je dois avouer que je ne peux pas en dire autant…

Les idées de Diane n’étaient plus claires. À quoi rimait cette discussion ? Et pourquoi elle-même n’avait pas tenté de la diriger différemment ? Quant à cette réflexion sur l’individu… Même si elle savait qu’elle venait d’être prise au dépourvu, elle ne pouvait s’empêcher de douter. Elle ne parvenait pas à se retenir de penser que quelque part, la créature qui lui parlait et qui semblait tellement étrangère au concept de l’individu la séduisait dans ses propos, dans ce qu’elle aurait appelé de l’innocence ou de la naïveté si ça avait été un enfant qui lui avait dit tout cela. Mais le fait était que ce n’était pas un gamin qui s’adressait à elle, mais une entité qui était indubitablement dotée d’une haute intelligence.

— Comment faites-vous pour vivre au détriment de vous-même ? Comment êtes-vous encore vivants ?
— C’est compliqué… répondit Diane d’une voix gênée, le même genre de voix qu’adopterait un enfant devant assumer ses responsabilités suite à une bêtise. Notre planète a sombré dans la folie et la guerre. Je ne pourrais même pas vous dire comment tellement il y a de raisons possibles. Des raisons qui n’en sont même pas d’ailleurs… Quand le profit et le pouvoir sont érigés en sacro-saints Graals, seule l’élite de l’élite parvient à vivre selon son envie, et pendant ce temps tous les autres… Crèvent. Mais même quand ces élites possèdent ce qu’elles veulent, elles trouvent encore des choses à acquérir, forcément au détriment d’autres. Cela a engendré des conflits à l’échelle planétaire, et a abouti à la destruction de notre propre monde.
— Il y a beaucoup de choses que nous ne comprenons pas dans vos paroles. Qu’est-ce que le profit ?
— Le profit, ou plutôt sa recherche, est un véritable cancer, lâcha-t-elle comme si elle s’ôtait un poids incommensurable du cœur. Le profit, c’est à la base une sorte d’avantage que l’on peut tirer de quelque chose.
— Nous entendons les mots que vous utilisez, mais ils ne semblent pas adaptés. La recherche de ce que vous appelez profit vous a amené à détruire votre monde. En quoi est-ce un avantage ?

Aussi simpliste que pouvait paraître ce raisonnement, Diane ne pouvait encore une fois que le trouver implacable. La créature avait totalement raison. Toujours plus, toujours mieux, encore, et encore, et encore… Pour finalement tout détruire et ne plus rien avoir. Telle était la course effrénée sans aucune victoire possible dans laquelle s’était lancée l’humanité depuis plusieurs siècles.

— Vous avez raison, concéda encore une fois celle dont le visage se décomposait à chaque évidence soulignée. Mais, malgré tout, nous ne sommes pas tous comme ça. Ceux qui sont avec moi, ces gens-là, et moi-même, nous avons pour but de rebâtir une humanité en apprenant de nos erreurs passées. Nous ne voulons plus du monde que nous avons quitté. Nous avons pour objectif ultime de ne jamais reproduire ce qui a failli nous condamner.
— Nous apprécions vos explications, assura la voix qui s’adoucit en abandonnant son ton monocorde pour la première fois. Nous sentons en vous quelque chose que nous apprécions. En votre « individu ». C’est pourquoi avec votre accord nous allons régénérer votre corps, puis, si vous le voulez bien, vous nous parlerez plus de l’humanité que vous avez laissée derrière vous, ainsi que de celle que vous voulez ériger.
— D’accord, mais avant, vous imaginez bien que j’ai moi aussi de nombreuses questions !
— Nous comprenons cela, mais nous ressentons également votre état : vous êtes faible, vos blessures sont très récentes. Vous avez besoin de repos, et après cela vous apprendrez de nous.
— Mais vous allez me garder combien de temps ?
— Le temps qu’il faudra, nous ne commandons pas le temps.
— Dites-moi au moins qui vous êtes, supplia Diane qui avait vraiment besoin de cette réponse pour se rassurer, comme un accord symbolique entre elle et la ou les créatures.

L’être de racines et de fleurs s’apprêtait à partir, suivant le renflement qu’il avait créé, mais il s’arrêta. La demande de sa captive l’avait stoppé. Il fixa alors la femme prisonnière du mur d’ambre droit dans les yeux, se reflétant dans ses iris bleutés. Puis il leva la tête, embrassant tout ce qu’il pouvait du regard, et, étendant des esquisses de bras faites de brindilles et de ronces comme s’il voulait se désigner lui-même et le monde entier, il répondit ceci, juste avant qu’une fulgurante vague de sommeil n’emportat la prisonnière :

« Nous sommes Sil’Dra. »

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