L1-chapitre-8

Une nuit sans nuage recouvrait la colonie ainsi que la dizaine de milliers d’âmes qui la composait. Le ciel déployait une couleur très particulière. En effet, la planète sur laquelle s’était posé le Phénix possédait une lune qui apparaissait quelquefois, au fur et à mesure de son cycle, au-dessus des habitations humaines. Ce satellite avait pour caractéristique étonnante de briller comme une émeraude, octroyant au paysage nocturne une luminosité mystérieuse, plongeant tout ce qu’il recouvrait dans une atmosphère mystique sortie des légendes d’antan.

Si les scientifiques avaient rapidement rationalisé ce phénomène en constatant que la surface de la lune verdoyante était recouverte du fameux minerai découvert non loin de la colonie, le verrargent, la grande majorité de la population préférait écarter les explications terre à terre pour baigner dans la béatitude que provoquait ce spectacle épatant, comme s’il était une manifestation divine offerte par une entité extraordinaire. Ce phénomène avait rapidement trouvé un nom : les nuits de jade.

Les colons se réunissaient chaque soir durant lequel avait lieu la fantastique féerie. Ils avaient logiquement élu comme point de rassemblement le chantier du futur forum, construction qui était destinée à accueillir l’ensemble des hommes et femmes pour assister aussi bien à des événements de loisirs qu’à des réunions bien plus sérieuses.

Olivier avait décidé de profiter de ce gigantesque attroupement pour mener à bien ses investigations. Lui qui soupçonnait depuis le début du voyage du Phénix le professeur Gabherdt d’avoir des activités obscures voyait en cette occasion une fenêtre pour faire avancer d’un grand pas son enquête. C’était le moment idéal pour pénétrer dans le bureau de l’éminent scientifique qu’Olivier croyait de plus en plus aussi ignorant volontaire de l’éthique que diablement intelligent et profondément malfaisant.

Il avait donc pris son courage à deux mains et, après avoir laissé ses deux filles assister à la nuit de jade, il s’était rendu au laboratoire, priant pour qu’il fût vide. Il lui fallait trouver, à l’intérieur du bâtiment, le plus de documents qui pourraient étayer sa théorie : le professeur Gabherdt avait pratiqué par le passé des expériences médicales sur des sujets humains.

La main tremblotante, redoutant de se faire prendre, il ouvrit la première porte.

La salle était vide, faiblement éclairée par des veilleuses. Il n’y avait pas un bruit, tant et si bien qu’Olivier avait l’impression, seulement par le frottement de ses vêtements sur son corps lorsqu’il se mouvait, d’être l’auteur d’un véritable capharnaüm. Pourtant, lui qui était de nature discrète savait se faire tout petit, mais dans ces circonstances… Tout était remis en question en un clin d’œil.

Malgré tout, il restait calme, et à chaque minute qui passait, Olivier regagnait confiance et du même coup en efficacité dans ses recherches. Se faufilant de salle en salle, il cherchait inlassablement le moindre document en lien avec la cible de ses suspicions. Enfin, il trouva quelque chose qui fit son plus grand bonheur : la porte du bureau du docteur.

Et, comble de la réussite, elle était entrouverte.

Olivier attendit quelques instants. Ce n’était pas dans les habitudes de Gabherdt de laisser des failles pour accéder à son domaine privé. Ce n’était pas pour rien que malgré toutes ses précédentes investigations l’apprenti enquêteur n’avait pas trouvé de quoi faire de sa théorie une réalité factuelle prouvée. Bien sûr, il n’était pas un Sherlock Holmes dans l’âme, mais il ne s’était jamais attendu à ne rien trouver de concret pour autant.

Le doute surgit d’un seul coup, aussi véloce que la lumière pour replonger Olivier dans l’ombre. Après tout, s’il ne trouvait rien, n’était-ce pas tout simplement parce qu’il n’y avait rien à trouver ? Est-ce que la fiction suite à la disparition de sa femme n’avait pas eu une influence sur ses capacités de raisonnement ? N’essayait-il pas, par le biais de cette poursuite d’un épouvantail, de tout simplement repousser la réalité et de s’occuper l’esprit comme il le pouvait ?

Un bruit sourd le sortit de ses songes. Quelqu’un, quelque part, avait tapé son poing sur une table. Mais où ? Le son paraissait provenir de derrière le mur. Cependant, c’était impossible, car Olivier se trouvait dans la dernière salle au bout du dernier couloir du laboratoire. Il s’approcha donc de la source sonore, espérant qu’elle se manifestât encore.

Et ce fut le cas. Ce n’était plus un coup de poing mais des mots.

Olivier ne parvenait pas à les comprendre, ils étaient encore trop lointains. Néanmoins, il était désormais persuadé qu’il n’était pas seul. Il observa la petite pièce dans laquelle il se situait avec une attention maximale. Il n’y avait rien de spécialement suspect : un bureau, des placards à dossier, un projecteur d’hologrammes et pour finir un large écran tactile qui recouvrait tout en mur… Décontenancé, il s’adossa contre le bureau et soupira longuement. C’est à ce moment-là qu’un nouveau bruit éveilla un peu plus sa perception.

Étrangement, cela provenait de l’arrière de l’écran. Olivier s’en approcha, et, précautionneusement, effleura l’objet du bout des doigts, cherchant la commande pour l’allumer. À peine avait-il commencé sa recherche que la surface se fendit en deux, à l’exact milieu et verticalement, à l’image d’un sas dont les pans s’écartaient.

Instinctivement, Olivier chercha un endroit pour se cacher. L’écran ne s’était pas ouvert par hasard : a fortiori, il s’agissait d’une porte dissimulée qui donnait accès à quelque chose que l’on voulait cacher. Que le docteur désirait protéger ? Probablement.

Un rapide regard dans la pièce et Olivier se pétrifia : il n’y avait aucun abri. La panique prit alors le relais et s’empara de son corps pour le projeter à l’intérieur de l’ouverture qui venait de se créer. Une fois le seuil passé, sans réellement savoir où il allait dans une obscurité à peine troublée par de sombres néons rougeoyants, il trouva un coin de noirceur dans lequel il se calfeutra, adoptant une position fœtale et priant pour que cette cachette sommaire fasse son office.

Deux paires de bottes passèrent devant lui. Les personnes qui les portaient franchirent la porte secrète, puis celle-ci se referma sans un bruit. Alors, faiblement mais distinctement, les mots que s’échangèrent les deux hommes parvinrent aux oreilles d’Olivier.

— Je suis globalement satisfait de votre travail, commença une voix que Olivier identifia comme étant celle du docteur Gabherdt. Soyez sûr que tout cela me sera de la plus grande utilité.
— Tant mieux, répondit l’autre homme d’un ton caverneux. Pour subvenir à vos besoins, les risques que nous avons dû prendre ont été très élevés. Personnellement, non pas que cela me déplaise, mais je préfère vous prévenir que si vous voulez continuer vos activités sur le long terme, il va falloir nous aider à… Créer des conditions pour récupérer… Votre matériel.
— Qu’insinuez-vous ?
— Je veux dire que la particularité de vos besoins entraîne l’élaboration de méthodes tout aussi particulières. Et il est évident que quelles qu’elles soient, en aucun cas nous ne pouvons briser nos règles de discrétion. Pour le moment, nous profitons des aléas du quotidien, mais dans un futur plus ou moins proche, quand la colonie aura établi ses bases et par la même occasion aura acquis une plus grande protection et des moyens de sécurité effectifs, nous ne pourrons plus agir comme nous le faisons actuellement.
— Je comprends, je comprends, marmonna le docteur, réellement soucieux. Je vais réfléchir à vos différentes problématiques.
— Je vous remercie de votre compréhension.
— Et moi je vous remercie de votre efficacité.

Ces propos énigmatiques éveillaient l’intérêt d’Olivier au plus haut point. Quel était ce fameux matériel dont le docteur avait besoin ? Et qui était cet homme qui l’approvisionnait ? Surtout, sur quoi travaillait Gabherdt ?

— Qu’en est-il de votre objectif principal ? reprit le scientifique.
— Pour le moment, nos recherches s’avèrent infructueuses. Mais à force d’éliminer certaines zones, nous finirons par explorer la bonne.
— Très bien, continuez donc dans cette voie, et surtout tenez-moi au courant de la moindre avancée.
— Compris.
— Maintenant, mon cher, laissez-moi vous raccompagner jusqu’à l’entrée du laboratoire et vous souhaiter bonne chance pour la suite des opérations.

Les bottes résonnèrent à nouveau puis s’estompèrent peu à peu dans le lointain des locaux. Olivier n’en doutait pas : celui qu’il soupçonnait de mener un double jeu et de s’adonner à des pratiques bafouant l’éthique cachait quelque chose. Il voulait ressasser les paroles qu’il avait entendues, pour mieux les analyser, pour mieux en extraire la vérité qu’elles portaient, mais le temps jouait contre lui. Et avant de partir, il devait impérativement savoir ce qu’il y avait dans les profondeurs de l’endroit secret qu’il avait découvert…

Après quelques minutes d’attente, afin d’être certain d’être seul, Olivier sortit de son abri. Les faibles néons rougeoyants qui projetaient une lumière agonisante ne permettaient pas de voir à plus de quelques pas. Malgré tout, l’infiltré dans le domaine caché du docteur Gabherdt poursuivit son avancée, à tâtons, et déboucha rapidement sur un grand sas sur lequel figuraient de nombreuses inscriptions codées, des enchaînements de lettres minuscules et majuscules et de chiffres, ainsi qu’un petit carré avec un rappel des consignes de sécurité et de conditionnement. Il y avait au centre une surface tactile de la taille d’un hublot. Olivier l’effleura de la paume et le message suivant s’afficha : « identification requise – personnel scientifique uniquement ».

Personnel scientifique uniquement… Olivier en faisait partie. Cependant, il ne jugeait pas judicieux d’utiliser sa propre identité pour accéder à une pièce dont il ignorait tout, d’autant plus qu’il n’était pas censé être au courant de l’existence de cet endroit. De plus, il était très probable que le personnel autorisé ne représente pas non plus l’entièreté du pôle scientifique de la colonie.

Il eut alors une idée. Lui qui avait une grande mémoire se rappelait avec une exactitude quasi parfaite de la carte d’accès d’un de ses collègues. Un de ceux qui le malmenaient moralement et dont il n’avait aucun scrupule à utiliser les codes, mais surtout, un collègue qui avait mentionné plusieurs fois travailler en étroite collaboration avec Gabherdt sur un projet « dont il ne pouvait pas en dire plus » (sujet qu’il prenait un malin plaisir à amener dans les discussions pour faire l’intéressant, alors qu’a priori, il n’aurait jamais dû être mentionné). Olivier fit apparaître le clavier tactile sur la surface, juste en dessous du message, et entra le nom et le matricule de celui qui serait enregistré dans la mémoire du sas.

Le stratagème fonctionna. Et le sas s’ouvrit.

Une vaste salle de recherche se dévoila aux yeux d’Olivier. L’ouverture de l’entrée enclencha l’allumage des lumières au plafond, et tout fut éclairé. Il y avait des postes de travail qui étaient alignés dans la première partie du laboratoire. Figuraient dessus de nombreuses feuilles et documents plus ou moins en bazar, au côté d’ustensiles utilisés dans des manipulations de base. La plupart étaient vierges de tout emploi. Après ces postes se trouvait une zone libre de tout élément, excepté au niveau des murs. Ceux-ci étaient masqués par de très grandes cuves en verre dans lesquelles croissaient des plantes aux formes et aux couleurs farfelues. Il y avait même un petit arbre qui poussait dans l’une d’elle. Tous ces végétaux étaient reliés au couvercle supérieur de leur contenant par un tube, semblable à une intraveineuse, et dans celui-ci s’écoulait un liquide jaunâtre.

Olivier s’avança encore un peu et arriva devant une rangée d’incubateurs dans lesquels figuraient de nombreuses boîtes de pétri. Elles contenaient toutes une étrange gelée brune. En y regardant un peu mieux, Olivier constata que chaque incubateur produisait une chaleur différente. Les résultats en temps réel défilaient sur leurs écrans, mais à une telle vitesse qu’il était impossible de les lire avec précision.

À côté se trouvait une nouvelle rangée de postes de travail. Ils n’étaient pas, au contraire de ceux de l’entrée, envahis de paperasse, mais plutôt de divers microscopes aux fonctions différentes. Il y avait également toutes sortes d’appareils de mesure et d’analyse, des centrifugeuses, une station de travail de macroscopie, des isolateurs, etc.

À en juger par tous ces équipements, Olivier estima que pour utiliser tout cela à bon escient et en pleine mesure, une équipe composée de quatre à six personnes était nécessaire. Ce qui signifiait que le docteur Gabherdt et l’homme qui l’accompagnait n’étaient pas les seuls à avoir connaissance de l’existence de cet endroit. Mais pire que cela, il y avait dans la colonie une poignée d’âmes qui œuvraient en secret pour un projet obscur…

Cette pensée était effrayante. Hélas, en termes d’effroi, Olivier n’était pas au bout de ses surprises…

Il n’avait pas encore exploré l’arrière du laboratoire secret. Quand il le fit, son cœur s’arrêta de battre pendant un moment.

Il ne pouvait pas voir le mur du fond puisque celui-ci était recouvert par de grandes cuves en verre verticales et rectangulaires. Sur le haut de ces cuves étaient inscrits des codes, peut-être des noms : MYR-1, MYR-2, MYR-3, jusqu’à MYR-8. À l’intérieur de ces sarcophages transparents flottaient, dans un liquide presque entièrement translucide ponctué de tâches pourpres et d’autres ocres, des corps humains.

Quatre hommes et quatre femmes étaient prisonniers, parsemés de tuyaux qui s’infiltraient sous leur peau, dans lesquels glissait le liquide qu’il avait vu tout à l’heure. Ils étaient maintenus loin des doigts mortuaires de la noyade par des masques respiratoires, outils de survie qui prolongeaient pour une durée indéterminée leurs plus que probables souffrances, pour les envies aussi démentes que monstrueuses d’un docteur qui par ses pratiques vomissait sur le serment d’Hippocrate et sur tous les traités d’éthique existants.

Horrifié par ce qu’il voyait mais ignoblement habité par une curiosité malsaine (qui a toujours eu tendance à envoûter les personnes qui assistaient à un spectacle charnel épouvantable et mortifère), Olivier se rapprocha de la paroi d’une des cuves. À l’intérieur de celle-ci flottait une femme, en tout cas il croyait que c’en était une grâce à son sexe et ses seins. Car hormis ces organes, rien d’autre ne permettait d’identifier l’humanoïde coincé dans son carcan de tortures.

Sa peau était brune, pas du brun d’une peau métisse mais plutôt celui du bois mort, sombre, terne, sans vie. À certains endroits, son épiderme se craquelait, comme de la matière brûlée, et des fissures qui se créaient s’extirpaient des filaments blanchâtres. Ses mains et ses pieds étaient dépourvus d’ongle. À la place, les cartilages continuaient de pousser, transperçant la chair, formant non pas des griffes mais des cornes osseuses. Une de ses jambes paraissait plus grande d’une dizaine de centimètres que l’autre, mais elle était bien plus effilée. Sa poitrine se soulevait très légèrement, et à chaque fois que son diaphragme bougeait, Olivier avait la sensation épouvantable qu’elle allait littéralement se fendre en deux, comme si tous ses muscles étaient friables et d’une fragilité terrifiante.

C’en était trop. Effaré, écœuré, les larmes aux yeux, il se détourna des caissons infernaux et s’accroupit, la tête entre les genoux, cherchant à contrôler sa respiration. Dans un haut le cœur plus fort que les autres, son estomac tenta de faire remonter tout ce qu’il pouvait, mais Olivier se força à garder le contrôle de son corps. Il ne fallait absolument pas laisser la moindre trace de son passage. Auquel cas, il serait aisé de remonter jusqu’à lui. Et là…

Qu’allait-il faire ? Il était inconcevable d’ignorer de telles abominations. Cependant, que pouvait-il tenter ? Dénoncer toutes ces épouvantables expériences, avec un porte-voix, juché sur un monticule tel un héros de l’éthique ? Personne ne le croirait… Et de toute façon, la lâcheté du parent qui veut envers et contre tout protéger ses enfants lui intimait de ne rien faire. Du moins, pas tant qu’il n’aurait pas en sa possession tous les éléments permettant d’une manière implacable et sans retour l’arrêt de cette tragédie mortuaire et inhumaine.

Mais le simple fait d’avoir découvert tout cela n’était-il pas suffisant ?

Non. Pas à ses yeux. La seule chose à faire était de totalement percer le secret du docteur Gabherdt. Découvrir exactement ce qu’il faisait, pourquoi et pour qui. Car il y avait forcément un commanditaire : sinon, comment à lui seul aurait-il pu embarquer sur le Phénix un tel laboratoire en le cachant tout en y faisant participer un groupuscule ? Et ce qui était aussi une excellente raison pour Olivier de faire preuve de lâcheté, du moins temporairement, car une personne ou un ensemble de personnes capable de mettre au point et de matérialiser un tel projet pouvait sans mal mettre un terme à la vie d’un homme, voire de plusieurs…

Et Olivier n’avait pas peur pour lui-même, mais il avait peur pour ses enfants.

Il fallait maintenant trouver des éléments concrets autres que les visions atroces qu’offrait ce laboratoire de l’horreur. Sans même se retourner (il ne voulait surtout pas se retourner), Olivier sortit de l’endroit qu’il avait voulu découvrir mais qu’il n’aurait jamais voulu découvrir, et une fois de retour dans le bureau du scientifique fou, entreprit de fouiller méthodiquement ses placards et tout le reste.

Son efficacité dans ses recherches était toute relative tant il n’arrivait pas à extraire de son cerveau les images cauchemardesques des êtres humains qui n’avaient plus d’humain que le nom. Finalement, il trouva ce qu’il cherchait : dans une petite boîte étaient conservées plusieurs clefs digitales. Toutes étaient étiquetées, mais une retint tout particulièrement son attention : Projet MYRRHA. Il sortit alors de la poche intérieure de sa veste ce petit appareil qui allait grandement l’aider : un cloneur de clefs. L’engin idéal pour copier des données d’une clef à l’autre.

Une fois son forfait réalisé, Olivier ferma toutes les portes, s’assura que tout était exactement comme au moment où il était entré, et quitta finalement les lieux.

Il ne se retourna pas, à aucun moment. Il rentra directement chez lui, sans même rejoindre ses filles au passage. Il n’avait qu’une envie, qu’une obsession. Il devait lire le contenu de ces clefs, notamment la très intrigante Projet MYRRHA. Quand il arriva enfin à son appartement, vérifiant qu’il était bel et bien seul, il enfonça l’objet de ses questions dans son ordinateur. À ce moment-là, la détresse s’invita violemment.

MOT DE PASSE REQUIS

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